J'ai attendu 2 jours avant
de faire le récit de notre sortie à Tintilou. Je voulais que l'émotion s'éloigne un peu et qu'il ne reste que le contenu.
Mais ça ne marche pas comme ça l'émotion, ça ne marche pas comme ça l'amour, ça ne marche pas comme ça la compassion !
Alors plus la peine d'attendre. Alors, oui, c'était magnifique. Une journée belle et réussie.
Nous étions une douzaine à prendre la route de Bobo ce mercredi matin en direction de l'orphelinat de Tintilou.
Il y avait entre nous une excitation palpable, chacune ayant amené quelque chose de chez elle, quelque chose de son coeur. Les coffres étaient remplis de riz, de victuailles, de linges, de
vêtements, de boissons, de biscuits et de bombons. Il y avait des boîtes de lait... et même des noix de cola pour honorer "le vieux" qui nous attendait.
Maryse et Constantin, le Directeur, nous avaient précédés car le Tam-Tam disait que les femmes et les enfants du village voulaient nous accueillir.
Et effectivement, il y avait beaucoup de monde dans l'enceinte de l'orphelinat "les Enfants d'abord" de Tintilou.
Après les salutations d'usage, nous avons visité l'orphelinat, des bambins de 2 à 4 ans entre les jambes... ou dans les bras. C'est un bâtiment "en dur", entouré d'une terrasse où l'air circule
bien. La première partie est réservée au personnel, qu'il soit salarié ou bénévole (il y avait ce jour-là Tiphaine venue de France pour aider les enfants), aux cuisines, aux chambres...
Puis vient la partie nurserie.
Et là.... C'est autre chose... Bien sûr il y a une petite odeur mais c'est pas grave car ici on sait il n'y a pas de changes complets et autres panoplies. Simplement des morceaux de vieux tissus
qui servent de couches.
Alors on avance, on avance... et l'on découvre des tous petits dans des transats bleus faits maison.
Nous, on pense qu'ils ont 1 mois, 2 mois bon 3 mois.... Mais non, non, non, non Ils ont 5 mois, 6 mois, voire un peu plus quand on ne connait pas la date de naissance.
Des petits bouts de chou très maigres, le ventre un peu gros. Ils ont été récupérés un peu partout sur un sentier ou au pied d'un arbre, ou on les a amenés ici. Souvent issus d'incestes. Ou de
mères devenues folles de douleurs au décès d'un mari ou d'un autre enfant.
Leurs bras sont si fins et leurs cuisses aussi. Leurs yeux paraissent très grands. Ils prennent presque toute la place.
Et bien, figurez vous que dès que l'enfant du premier transat nous a vu... il a souri. Un sourire, un sourire, j'en ai encore les larmes aux yeux. Les enfants sont magnifiques. Ils sont
forts.
Mais ce que j'ai encore trouvé plus magnifique encore, ce sont nos Clifettes. Tellement pleines d'humanité, de bonté. Tellement femmes, mères. Pleines de douceurs, de gestes tendres, de petits
mots. Et, spontanément elles ont pris les petits dans les bras, les ont cajolés, caressés. Là, y a plus d'odeur, de pipi-caca, de couleurs, de détresse non... il n'y a que de l'Amour. Du
vrai.
C'est beau, c'est bouleversant.
Danièle et Jang ont du partir en fin de matinée et nous avons poursuivi notre séjour-découverte car les 3 nurses de l'orphelinat ont pris les bébés pour la tétée et la sieste.
Constantin nous a amené devant les femmes et les enfants du village. Et là, rebelotte, j'ai vu les Clifettes en action.Elles m'ont fait pleurée intérieurement toute la journée ! : distribution de
pain, de biscuits, de bombons, de boissons. Puis étalage des vêtements amenés par Jang et distribution. Que du bonheur je vous dis !
Une des femmes s'est levée et nous a remerciées. Nous avons fait de même et dans la joie et la bonne humeur nous avons dégusté le repas préparé par ces femmes : du riz, de la sauce arachide, de
la chèvre grillée, du poulet aussi. Un régal. Comme nous avions amené aussi nos repas, tout a été mis en commun et partagé.
Et aussitôt après, devinez ce qu'on fait nos Clifettes ? Hé oui, elles sont allées rechercher les bébes et re-calins et re-tendresse...
Personne n'avait envie de partir. Les enfants du village sont restés avec nous ainsi que les grands de l'orphelinat. Avec chacun une histoire et une souffrance. Un petit gaillard de 3 ans,
charmeur, tout dodu, propret. Un sourire et un regard ravageur. Et bien ce petit garçon a été récupéré dans "les cabinets". Sa maman, dans un acte de folie, l'a jeté dans la fosse. Il a fallu
cassé le béton pour le sortir... - Holà là, même écrire ça c'est difficile. Comme m'a dit un gamin à Tintilou "Tanti pourquoi t'as de l'eau dans les yeux ?"... -
Et aujourd'hui, grâce aux soins et à l'amour cet enfant est bien portant et joue avec un puzzle. Plus tard il sera scolarisé. Plus tard encore il aimera et sera aimé.
Car Constantin, le directeur, lui-même orphelin, en a décider ainsi. Il y consacre sa vie.
Nos Clifettes ont voulu attendre l'heure du biberon pour avoir le plaisir de le donner.
Le départ était imminent mais la séparation difficile.
Nous sommes parties le coeur a la fois lourd et léger. Lourd d'amour et léger du don.
Je vous l'ai dit : Que du bonheur !!!!
Bien sûr, il y a certainement des choses à améliorer à Tintilou mais ils font de smerveilles avec peu de choses. Ils découvrent une autre façon de vivre. Les nurses sont partagées entre
traditions et nouveautés. Ce n'est pas facile pour elles mais ce sont des femmes très méritantes.
Je vous joins quelques photos dans notre album en ligne, trop peu mais juste de quoi vous donnez l'envie d'aller à
l'Orphelinat de Tintilou à la rentrée...
Vraiment un grand merci pour ce torrent d'amour qui circule au Clif de Ouaga
Bien à vous et bonne soirée
Monique
CLub International des Femmes de Ouagadougou




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